Le Groupement Forestier Familial (GFF) est une structure juridique créée en 1954, adaptée pour diversifier votre patrimoine tout en préservant l’environnement. Il permet à plusieurs membres d’une famille ou investisseurs de gérer collectivement des forêts, favorisant ainsi le reboisement et la préservation des massifs forestiers en France.
En rejoignant un GFF, vous devenez copropriétaire d’un patrimoine forestier, ce qui simplifie la gestion durable des forêts tout en mutualisant les coûts et les risques. Ce type d’investissement relève de régimes fiscaux spécifiques, sous conditions : exonérations partielles d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et de droits de mutation, détaillées plus bas.
Dans cet article, découvrez comment créer et gérer un GFF, ainsi que ses nombreux atouts fiscaux et financiers.
Qu’est-ce qu’un Groupement Forestier Familial (GFF) ?
Définition et cadre légal
Un Groupement Forestier Familial (GFF) est une forme particulière de groupement forestier. Ces sociétés civiles sont encadrées par les articles L331-1 à L331-7 du Code Forestier ainsi que par les articles 1832 et suivants du Code Civil. Le GFF est conçu pour des objectifs précis : la constitution, l’amélioration, l’équipement, la conservation ou la gestion d’un ou plusieurs massifs forestiers, ainsi que l’acquisition de bois et forêts.
Les statuts d’un GFF doivent être rédigés par écrit et inclure des informations essentielles telles que la forme, l’objet, l’appellation du groupement, le siège social, la durée de la société (limitée à 99 ans), le montant du capital social, ainsi que les modalités de fonctionnement. Ces statuts précisent également les droits et obligations des associés.
L’objectif d’un GFF
Le principal objectif d’un GFF est de simplifier la gestion et la transmission du patrimoine forestier, que ce soit au sein d’une famille ou d’un groupe d’investisseurs. Ce cadre juridique offre une solution souple et adaptée pour la conservation des patrimoines forestiers.
Grâce au GFF, les familles peuvent collectivement maintenir et développer leur patrimoine forestier de manière durable, favorisant une approche à long terme pour la préservation de leurs biens.
Les avantages spécifiques du GFF par rapport aux autres types de groupements forestiers
Le Groupement Forestier Familial présente des avantages uniques. Premièrement, il permet une gestion centralisée et coordonnée des biens forestiers, facilitant ainsi la mise en œuvre de stratégies de gestion durable et efficace.
Deuxièmement, le GFF simplifie la transmission du patrimoine forestier aux générations futures. Il évite les complications liées à l’indivision et favorise une gestion harmonieuse des successions.
Enfin, les GFF relèvent de régimes fiscaux spécifiques : exonérations partielles d’impôt sur la fortune immobilière (IFI) et de droits de mutation, sous les conditions détaillées plus bas. Ces régimes ne sont ni automatiques ni définitifs, et ils ne suffisent pas à motiver une souscription : le GFF se juge d’abord sur sa cohérence avec votre situation patrimoniale et sur votre capacité à immobiliser les sommes investies sur le long terme.
Création et gestion d’un Groupement Forestier Familial
Les étapes de création d’un groupement forestier familial : le guide pratique
Créer un groupement forestier familial est une démarche juridique encadrée, qui repose à la fois sur le droit des sociétés civiles (Code civil) et sur le droit forestier (Code forestier). Voici, étape par étape, comment se déroule concrètement la constitution d’un GFF. Cette présentation reste générale : chaque projet a ses particularités (nombre d’associés, nature des apports, surface des parcelles), et un accompagnement par un notaire — et, pour la dimension patrimoniale, par un conseiller — reste recommandé avant toute démarche.
1. Définir le projet et réunir les associés
Tout commence par la définition du projet : quelles parcelles boisées ou quels terrains à boiser seront apportés au groupement, dans quel objectif (transmission familiale, mise en commun d’un patrimoine forestier existant, structuration en vue d’une gestion durable), et avec qui. Un groupement forestier étant une société civile, il doit compter au minimum deux associés (personnes physiques ou morales) — ce qui correspond bien à la logique du GFF familial, où plusieurs membres d’une même famille se regroupent autour d’un même patrimoine boisé.
2. Rédiger les statuts, en principe devant notaire
Les statuts fixent les règles de fonctionnement du groupement : objet social (acquisition, conservation et gestion de bois et forêts), dénomination, siège social, durée (99 ans maximum, renouvelable — Code civil, art. 1838), modalités de gestion et de prise de décision entre associés. Ils précisent également le capital social et le détail des apports de chaque associé — apport en numéraire (somme d’argent) ou apport en nature (parcelles forestières déjà détenues par un associé). Dès lors qu’un associé apporte un bien immobilier — ce qui est le cas le plus fréquent pour un GFF, puisque son objet porte précisément sur des parcelles boisées — la rédaction des statuts par acte notarié est requise, avec publication de l’apport au service de la publicité foncière.
3. Accomplir les formalités d’enregistrement
Une fois les statuts signés, plusieurs formalités administratives rendent le groupement officiellement existant :
- la publication d’un avis de constitution dans un support habilité à recevoir des annonces légales ;
- l’immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS), auprès du greffe du tribunal de commerce compétent : une société civile comme le GFF doit s’immatriculer au RCS pour disposer de la personnalité morale, même si son activité de gestion forestière n’est pas de nature commerciale (obligation généralisée à toutes les sociétés civiles depuis la loi n° 78-9 du 4 janvier 1978) ;
- la déclaration fiscale de création auprès de l’administration.
Ces démarches donnent lieu à des frais de greffe, de publication de l’annonce légale et, le cas échéant, à des honoraires de notaire, dont le montant dépend de la nature des apports et des spécificités du dossier. Votre notaire pourra vous en indiquer le détail précis.
4. Vérifier si un Plan Simple de Gestion (PSG) est requis
Selon la surface des bois et forêts apportés au groupement, un Plan Simple de Gestion (PSG) peut être obligatoire. Depuis la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023, ce document de gestion durable — agréé par le Centre National de la Propriété Forestière (CNPF) — doit être établi dès lors que la propriété atteint 20 hectares, qu’il s’agisse d’une parcelle forestière d’un seul tenant ou d’un ensemble de parcelles appartenant au même propriétaire dans une même zone géographique (Code forestier, art. L312-1). Ce seuil national peut, dans certaines régions, être abaissé jusqu’à 10 hectares par arrêté ministériel. Compte tenu de ces variations locales et des règles de cumul des parcelles, il est recommandé de vérifier la situation exacte de votre projet auprès du CNPF ou d’un expert forestier avant la constitution du groupement.
5. Organiser la gestion courante du groupement
Une fois le GFF constitué, sa vie courante est assurée par un gérant, désigné dans les statuts ou par décision des associés, qui prend en charge les actes de gestion (relations avec l’expert forestier, exécution du PSG le cas échéant, suivi administratif et comptable). Les décisions qui dépassent la gestion courante — modification des statuts, cession de parts, orientations majeures de gestion — relèvent de l’assemblée générale des associés, selon les règles de majorité fixées par les statuts.
6. Garder à l’esprit la responsabilité des associés
Comme dans toute société civile, les associés d’un groupement forestier répondent des dettes sociales, en principe de manière indéfinie et proportionnelle à leur part dans le capital. Ce point, ainsi que les autres risques inhérents à l’investissement forestier (perte en capital, illiquidité, aléas naturels), est détaillé sur notre page consacrée aux risques du groupement forestier — à lire avant toute constitution ou souscription.
7. Se faire accompagner pour structurer votre projet
Entre le choix des apports, la rédaction des statuts, les formalités de greffe et la vérification des obligations de gestion durable, la création d’un groupement forestier familial mobilise plusieurs compétences (notariale, forestière, patrimoniale). En tant que cabinet CIF (Conseiller en Investissements Financiers), inscrit à l’ORIAS sous le n°21001101, Invest’Aide n’établit pas vos statuts — c’est le rôle du notaire — mais vous accompagne dans la structuration patrimoniale de votre projet : articulation avec vos autres actifs, objectifs de transmission, et mise en relation avec les bons professionnels.
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Les règles de gestion et d’administration
La gestion et l’administration d’un GFF sont encadrées par les statuts rédigés lors de sa création. Ces statuts précisent les modalités de fonctionnement, les droits et obligations des associés, ainsi que les conditions de retrait partiel ou total d’un associé.
Le GFF est administré par un ou plusieurs gérants désignés par les associés. Les gérants sont responsables de la gestion quotidienne du patrimoine forestier, de l’application des décisions prises par l’assemblée des associés, et de la représentation du groupement dans les actes de la vie civile.
Les décisions majeures, telles que les orientations stratégiques, les investissements importants ou les modifications des statuts, sont adoptées lors des assemblées générales des associés. Ces assemblées garantissent une prise de décision collective et démocratique.
Le rôle des différents membres et organes de décision
Dans un GFF, les associés occupent une place centrale en tant que propriétaires et décideurs. Chaque associé détient des parts du capital social et participe aux assemblées générales pour prendre les décisions stratégiques. Si besoin, les associés peuvent désigner des représentants pour les représenter lors de ces assemblées.
Les gérants, de leur côté, sont chargés de mettre en œuvre les décisions des associés et d’assurer la gestion opérationnelle du patrimoine forestier. Leur rôle est d’agir dans l’intérêt du groupement tout en respectant les statuts et les décisions prises en assemblée.
Enfin, un GFF peut solliciter l’expertise de professionnels externes, tels que des forestiers, des comptables ou des avocats. Ces experts apportent des conseils spécialisés pour garantir une gestion durable et optimale des forêts.
Avantages fiscaux et financiers du GFF
Optimisation fiscale et avantages successoraux
Les Groupements Forestiers Familiaux (GFF) ouvrent droit, sous conditions, à plusieurs dispositifs fiscaux. L’acquisition de parts peut notamment ouvrir droit à un crédit d’impôt sur le revenu au titre du dispositif d’encouragement fiscal à l’investissement en forêt (art. 200 quindecies du CGI), sous réserve d’un engagement de conservation et d’une garantie de gestion durable. Le taux, les plafonds et le régime exactement applicable dépendent de la structuration du groupement et de votre situation : ils sont à vérifier au cas par cas avec votre conseiller avant toute souscription.
En parallèle, les parts de GFF peuvent bénéficier de l’exonération partielle d’impôt sur la fortune immobilière prévue à l’article 976 du CGI, à concurrence des trois quarts de leur valeur. Par exemple, si la valeur de vos parts est de 100 000 €, seuls 25 000 € entrent dans le calcul de l’IFI. Ce point distingue nettement le GFF du groupement forestier d’investissement : la doctrine administrative exclut expressément les parts de GFI de cette exonération, ainsi que celles des sociétés d’épargne forestière (BOI-PAT-IFI-30-20, § 120).
Le volet successoral obéit à un régime propre. En cas de transmission (donation ou succession), les parts de GFF peuvent être exonérées de droits de succession à hauteur de 75 % de leur valeur, à condition que le groupement, par l’intermédiaire de son représentant, s’engage à appliquer une garantie de gestion durable pendant 30 ans (art. 793, 1-3° du CGI).
Ces exonérations ne sont ni automatiques ni définitives. Elles supposent un certificat, délivré sans frais par le directeur départemental des territoires, attestant que les bois et forêts présentent une garantie de gestion durable. Lorsque les parts ont été acquises à titre onéreux, elles doivent en outre être détenues depuis plus de deux ans — condition qui ne s’applique ni aux parts reçues à titre gratuit, ni à celles souscrites lors de la constitution du groupement ou d’une augmentation de capital. L’avantage se maintient enfin sous réserve d’obligations de suivi : un bilan de mise en œuvre du document de gestion durable est à produire tous les dix ans pour les droits de mutation, et le certificat est à renouveler tous les dix ans, accompagné d’un bilan, pour l’IFI. Le non-respect de l’engagement expose à la remise en cause de l’exonération. (Sources : CGI art. 793 et 976 ; BOI-ENR-DMTG-10-20-30-10 ; BOI-PAT-IFI-30-20. Régime susceptible d’évoluer ; l’analyse de votre situation relève de votre notaire et de votre conseil fiscal.)
Incitations pour la gestion durable et la conservation
Les GFF sont encouragés à adopter des pratiques de gestion durable et de conservation des forêts, grâce aux avantages fiscaux qui y sont associés. L’exonération de droits de succession et d’IFI, conditionnée par une exploitation durable des forêts sur une période minimale de 30 ans, incite les investisseurs à privilégier des stratégies de gestion à long terme, respectueuses de l’environnement et des ressources forestières.
En outre, les GFF peuvent profiter de déductions spécifiques, comme le crédit d’impôt de 76 % des primes d’assurance des bois et celle des sommes versées aux Associations Syndicales Autorisées pour la prévention des incendies de forêts. Ces mesures renforcent leur engagement en faveur de la conservation et de la protection des forêts.
Exemples pratiques de bénéfices fiscaux
Ces avantages entrent dans le plafonnement global des niches fiscales, fixé à 10 000 euros par an et par foyer fiscal (art. 200-0 A du CGI). L’économie d’impôt réellement obtenue dépend donc de l’ensemble de vos autres dispositifs : votre conseiller la calcule sur votre situation avant toute décision.
De plus, si la valeur de vos parts dans le GFF est de 200 000 € et que vous les transmettez par succession, vous bénéficieriez d’une exonération de droits de succession à hauteur de 150 000 € (soit 75 % de 200 000 €), ce qui réduit significativement la charge fiscale liée à la transmission de ce patrimoine.
Conclusion
En résumé, le Groupement Forestier Familial (GFF) peut convenir à ceux qui souhaitent investir dans la durée et organiser la détention d’un patrimoine forestier à plusieurs. Ses caractéristiques principales : la facilité de transmission et de cession des parts, et des régimes fiscaux spécifiques — crédit d’impôt sur le revenu à l’acquisition, exonération partielle d’IFI, exonération des droits de succession — tous soumis à conditions et susceptibles d’évoluer.
En outre, la gestion professionnelle et la possibilité de générer des revenus réguliers grâce à l’exploitation forestière ajoutent à son attrait. Ce type d’investissement associe une dimension patrimoniale et un engagement envers la gestion durable des forêts, à examiner au regard de votre situation et de votre horizon.
Pour aller plus loin : découvrez le groupement foncier forestier (GFF), les avantages en matière de succession et la fiscalité applicable.
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