« Quel rendement puis-je attendre d’un groupement forestier ? » C’est, avec la question de la revente des parts, l’une des interrogations les plus fréquentes que nous recevons chez Invest’Aide. La réponse honnête tient en une phrase : aucun rendement n’est garanti, ni même précisément prévisible, et tout professionnel qui vous annonce un chiffre ferme pour les années à venir simplifie une réalité plus complexe. En tant que cabinet de conseil en investissements financiers (CIF), enregistré à l’ORIAS sous le numéro 21001101, nous préférons vous exposer les mécanismes qui déterminent la performance d’un groupement forestier plutôt que de vous avancer un pourcentage qui n’engagerait que celui qui le prononce.
Une performance qui repose sur deux composantes, ni l’une ni l’autre garantie
La performance d’un groupement forestier (GFI ou GFF) résulte de l’addition de deux éléments distincts, dont aucun n’est fixé à l’avance.
Les revenus courants
Une partie du rendement potentiel provient des revenus distribués aux associés, principalement issus des coupes de bois réalisées dans le cadre du plan de gestion de la forêt, et parfois de droits de chasse ou de baux ruraux lorsque le patrimoine en comporte. Ces revenus sont par nature irréguliers : une coupe ne se programme pas chaque année sur chaque parcelle, et son montant dépend directement du prix du bois au moment de la vente. Aucun mécanisme ne garantit un revenu stable d’un exercice à l’autre.
La valorisation du capital
L’autre composante tient à l’évolution de la valeur des parts elle-même, qui reflète pour l’essentiel la valeur du bois sur pied (le volume de bois qui croît naturellement dans la forêt) et le prix auquel ce bois se négocierait sur le marché. Cette valorisation dépend de la croissance biologique des arbres, mais surtout du marché du bois, qui connaît ses propres cycles. Comme pour tout actif, la valeur d’une part peut aussi bien progresser que reculer d’une année sur l’autre : il n’existe pas de garantie de capital, et un groupement forestier comporte un risque de perte en capital.
Ce qui fait varier la performance d’une année sur l’autre
- Le marché du bois : les prix du bois sur pied ou transformé varient selon l’offre et la demande, les débouchés à l’export et la conjoncture économique générale ;
- Les aléas naturels : tempête, incendie, sécheresse ou attaques de ravageurs (les scolytes en particulier) peuvent endommager le patrimoine forestier et peser durablement sur sa valeur comme sur ses revenus ;
- La qualité du plan de gestion et de la société de gestion : un peuplement diversifié en essences et en âges, bien suivi dans la durée, absorbe mieux les aléas du marché qu’une forêt mal gérée ;
- Les frais de gestion et d’exploitation, qui viennent en déduction de la performance brute et diffèrent d’un fonds à l’autre.
Pourquoi se méfier d’un pourcentage affiché sans source
Il n’est pas rare de croiser, sur des sites généralistes ou des comparateurs, un pourcentage de rendement présenté comme une donnée acquise. Un tel chiffre, lorsqu’il n’est adossé à aucune source vérifiable et datée, ne devrait jamais orienter une décision d’investissement : il peut mélanger des périodes différentes, ne pas préciser s’il intègre ou non les frais, ou extrapoler la performance passée d’un seul fonds à l’ensemble du marché.
Le secteur dispose depuis 1997 d’un outil plus rigoureux : un indice professionnel de performance des groupements et fonds forestiers, construit conjointement par l’Institut de l’Épargne Immobilière et Foncière (IEIF) et l’ASFFOR (Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers), qui suit mensuellement la performance historique de l’ensemble des groupements gérés par des sociétés de gestion agréées AMF. C’est, à notre connaissance, une référence sérieuse pour qui recherche une donnée de marché plutôt qu’une estimation isolée. Nous faisons volontairement le choix de ne reproduire ici aucune valeur chiffrée : les chiffres qui circulent par ailleurs mélangent souvent des périodes et des périmètres différents, ce qui rend toute valeur unique difficile à interpréter sans en connaître le détail méthodologique complet. Nous vous invitons à consulter directement cet indice auprès de l’IEIF si vous souhaitez une donnée de marché, en gardant à l’esprit qu’il s’agit dans tous les cas de performances passées, qui ne préjugent jamais des performances futures.
Comment se faire une idée sérieuse avant d’investir
Plutôt que de chercher un pourcentage, voici ce qui nous semble réellement utile pour évaluer un groupement forestier :
- Lire le Document d’Information Clé (DIC) du fonds envisagé, qui présente notamment la structure des frais et un indicateur de risque ;
- Regarder l’historique et la solidité de la société de gestion (ancienneté, surface gérée, régularité de la gestion) plutôt qu’une seule performance passée mise en avant ;
- Considérer le patrimoine forestier lui-même : essences, âge des peuplements, diversité, qualité du plan de gestion ;
- Échanger avec un conseiller en investissements financiers, qui pourra resituer ce placement dans votre stratégie patrimoniale globale et vérifier qu’il correspond à votre horizon et à votre tolérance au risque.
Un groupement forestier reste par ailleurs un placement de long terme (8 à 10 ans), dont la liquidité est réduite et qui comporte un risque de perte en capital. Ces caractéristiques doivent peser au moins autant dans votre décision qu’une éventuelle performance affichée.
Notre position chez Invest’Aide
En tant que cabinet CIF (ORIAS 21001101), nous considérons que vous expliquer honnêtement ce qui compose la performance d’un groupement forestier vaut mieux que de vous promettre un chiffre que personne ne peut garantir. Pour aller plus loin, retrouvez ce qu’est un GFI, parcourez les fonds actuellement ouverts à l’investissement, ou échangez directement avec un conseiller pour évaluer si ce placement a sa place dans votre stratégie patrimoniale.
